Amour-humour

Lol

J'ai testé : l'amour

Il n'était pas spécialement beau, ni charismatique, pas vraiment stylé non plus, rien du stéréotype. Il avait son truc à lui, le truc qu'on ne peut pas définir. Entre la banalité et l'indifférence, ce petit rien qui fait toute la différence. Un petit je-ne-sais-quoi qui ne se remarque pas dès la première fois.

Ça a commencé à une soirée, où j'étais lucide bien qu'alcoolisée: "Toi, moi ? Mais tu rêves mec, même pas dans un conte de fée", et c'est comme ça que je me suis retrouvée arroseur arrosé.

J'ai perdu mon inspiration, j'ai arrêté d'être égoïste, j'en ai fini avec mes lamentations, j'ai découvert ce corps préservé par le Christ.

J'ai commencé à penser à deux, à comprendre ce que signifiait être heureux. Les albums nian-nian et montages Kodak à dix pages, j'ai voulu le beurre avant l'argent et mangé beaucoup de fromage. J'ai volé à dix mille, gravi des montagnes, parcouru des îles avant l'été en Bretagne. Intensément bref, comme épisodique, un rêve d'une année à la fin vraiment tragique. 

Il était un peu comme-ci mais pas trop comme ça, il se fichait de tout et surtout de moi. Comme un mirage dans le désert de mon coeur, il est apparu et reparti, me rendant assurément meilleure. 

Coeur scellé

Original

Aujourd’hui je vais parler d’un tabou, plus prohibé que le sexe, la drogue, le tabac dont on viendra tous à bout, les pêchés inavoués, les vices cachés, les fourberies et les inepties, bref pour dire comme Kyan Khojandi sans prétendre au succès de Canal+, je parlerai du c é l i b a t.

Le célibat, c’est cool. Mais attention je ne vais pas donner 10, 50 ou 100 bonnes raisons d’être célibataire ni cracher sur le couple. Je ne vais pas dire que les hommes sont des connards (car d’abord je n’ai jamais aimé les pléonasmes) et encore moins que les célibataires sont des personnes aux moeurs légères (ça, ça les regarde).

En clair, je ne prendrai pas officiellement parti, mais officieusement bien sûr j’essaierai de vous endoctriner pour que vous partagiez ma vision des choses.

J’aimerais proclamer haut et fort que non, le célibat n’est pas une tare.

Les femmes ne sont pas toutes des Bridget Jones, ankylosées, déprimées, fulminant sur leur rupture (même si celles-ci représentent 70%).

Il y a aussi des femmes émancipées pour lesquelles les hormones se portent très bien, qui ne sont pas forcément égocentriques ou carriéristes et qui aiment vivre avec elles-mêmes, vivre leur vie tout simplement sans se poser la question de savoir si c’est mieux à deux ou à zéro. Ces femmes qui n’ont pas besoin de former une paire pour penser, exister et s’affirmer, tout en entretenant de bonnes relations avec la gente masculine.

Après l’énième ritournelle : « Et toi, toujours rien ? », « Alors, c’est le désert ? » « Bon faut vraiment que je te présente quelqu’un », « Mais comment tu fais ? », j’aimerais préciser à la manière du réalisateur Philippe Lioret un peu mytho car tout ne va pas bien dans son film et certainement pas Mélanie Laurent un peu trop anorexique (désolée pour le spoil), que je vais bien ne vous en faites pas. Je vais bien de ne pas dîner aux chandelles, de ne pas recevoir de fleurs, de roses, de pétunias et puis de pissenlits pourquoi pas. J’ai des amis, une vie sociale. Je n’ai pas de déclaration énamourée de l’être aimé mais des déclarations grotesques de prétendants à qui céder serait privilégier la quantité plutôt que la qualité.

On peut être célib, solo, seul-tout, uno et voir la vie en rose, savourer l’instant présent, être romantique, poétique, se laisser aller, se pomponner, se préparer, s’entretenir ou se laisser couler, peu importe le statut marital.

Il est possible d'être jovial, créatif, de partager, sans être terré dans une solitude, une amertume, en étant 1. Ni 1+1, ni 1-1, aucune love équation by le 6 12 12 ou la calculette de l’amour, pas le 1 du podium ni le n°1 de la drague mais une personne au singulier, épanouie, qui aime la vie.

Le célibat n’est pas un fardeau, un boulet, un défaut, un syndrome ou un handicap.

A deux c’est mieux ? Peut-être, peut-être pas ? L’essentiel n’est-il pas de pouvoir être soi qu’importe si quelqu’un nous accompagne ou pas ?

Bien sûr, tout ceci pose la question du mariage, du partage, de la descendance. Du cercle vicieux de la société, de nos vies tracées et puis de la condamnation scrupuleusement prémédités. Ces questions importantes traversent l’esprit des femmes les plus affranchies mais ne ternissent pas la paix intérieure que provoque un célibat entretenu, même s'il est temporaire. Car pour aimer l’autre, ne faut-il pas s’aimer soi-même ? Pouvoir se supporter, cohabiter, être conscient de ses attentes pour éviter dépendance démesurée, jalousie, fusion étouffante et autres revers sentimentaux.

Si le couple est une norme et que le célibat illustre la marginalité, excusez toutes ces personnes qui vivent en dehors de la société sans être pour autant de méprisables déchets.

La rencontre

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" J'ai rencontré une fille, chérie tu ne peux pas comprendre, elle est fine et maligne. Elle est drôle, elle est chiante, un petit peu entreprenante. Je ne peux plus m'en passer, je ne cesse d'en rêver. Elle m'obsède, elle me hante, un jour sans lui parler et tu le vois je déchante.

Chérie je te quitte, c'était sympa la vie à deux mais le but c'est d'être heureux et non pas que tout cela devienne ennuyeux. Tu n'es pas pour la vie à trois et moi non plus, alors tu vois c'est bien mieux comme ça. J'ignore si elle me lassera tout comme toi, mais sans elle c'est bien clair aujourd'hui je ne peux pas.

Chérie je pars, garde les bijoux, la fortune, je m'en vais vivre d'amour et d'eau fraîche, Je tente une nouvelle fois, mais je dois dire que ce coup-ci, elle m'a vraiment tendu la perche.

Avec toi j'étais bien, avec elle je serai mieux, chérie je ne peux plus te regarder dans les yeux. Lorsque je tente, c'est elle que je vois. C'est cruel, c'est injuste, je n'ai pas choisi, je te l'assure crois-moi. Les femmes sont des diablesses, ce jour où elle m'a souri, pour moi, pour toi, pour nous c'était fini.

J'ai lutté, j'ai tenté, de réfréner le pêché. J'ai perdu, je ne peux plus, la lâcheté m'a vaincu.
Je croyais être amoureux, c'était sans compter LA rencontre. Je pensais exister, je ne faisais que survivre, maintenant je m'en rends compte. J'ai viré fleur bleue, tu me reprochais de ne pas avoir de coeur, de ne pas t'être dévoué. J'en avais un mais tu n'as pas réussi à le faire battre, c'est loupé.

Je ne t'en veux pas, je sais que toi si, mais je te le répète, je n'avais pas prévu que cela se passe ainsi.

Reproche-moi d'être un traître, faible et inconstant, j'accepte tout du moment que tu me laisses me libérer, j'en remetterai à ses douces mains ma captivité.

Hier toi, demain elle, je le jure je ne suis pas maître de ce cercle vicieux éternel."

Veuve noire

Gateaux mariage

Moi aussi je voudrais me marier un jour.

Tout partager avec mon mari, l’espoir, la dépression et puis l’ennui ; La perte de la jeunesse, la sénilité qui accompagne la vieillesse. Je voudrais offrir le temps que je n’aie pas et les conversations futiles pour meubler ou substituer le décor Ikea d’une vie plan-plan plus mortelle que la mort au rat. Partager mes relations, mes intentions, offrir ma liberté, mon intimité, briser les secrets, dévoiler les mystères, jouer les madame Bovary version Mary à tout prix.

Je voudrais être romantique, planter des bouquets de fleurs fanées par l’espoir déchu de l’exclusivité. Je laisserais les stratégies d’Athéna pour les célibattantes féministes, mordantes, déprimantes, déprimées, jalouses et pourtant plus lucides qu’Heidi version bobonne gaga.

J’aimerais offrir mon cœur, comme un sacrifice sur l’autel de la torture, je laisserais mon époux jouer avec et consulterais son agenda pour savoir s’il le briserait en semaine 10 ou 23.

Je jouerais les princesses Disney avec une grotesque robe de mariée, ferais une réception avec 380 perfides invités. J’apprendrais à cuisiner du gigot, à faire les tâches ménagères et me perdrais en jolis mots seulement si bien évidemment, il m’avait fait assez de cadeaux (plus originaux que ceux qu’il offrirait à la maîtresse qui lui donnerait des cours particuliers sur la fidélité).

Je voudrais partager mes sauts d’humeur et apprendre comment afficher un sourire béat, mettre le A d’apprentie dans la vie maritale, passer le code de la route des sentiments, perdre des points sur le respect des règles de la vie à deux, me faire retirer le permis de la bonne conduite dans la relation idyllique puis retenter le coup après un divorce déraisonné et une pension bien négociée.

Telle une poupée russe à la merci d’un apollon gras plein de fast-food-30 de QI-fan d’Ibrahimović, je diminuerais en fonction de la manière dont on me conditionnerait. En tant que Babouchka anéantie par la réalité, inutile de préciser que j’aurais fortement été trahie par tous les jolis contes de fées.

L'amour inoubliable, l'amour inoublié : l'ex aimé(e)

C'est cette personne que vous avez dans la peau. Malgré les jours et les années, les relations et les ex par milliers, malgré le nombre de rencontres annuelles, la débauche, la concentration et les coups de foudre instantanés, cet "amour" vécu, rêvé et bien terminé vous tenaille encore les entrailles.

Vous avez tendance à l'idolâtrer. Comme pour le culte du passé et son c'était mieux avant, pour vous il y aura toujours ce c'était mieux pendant.

Durant vos grandes crises de larmes et vos plus beaux moments de joie, incessamment vous vous posez la question "qu'aurait-il/elle dit à ce moment là ?"

Comme un(e) amoureu(x)se transi(e) vous savez que vous avez perdu toute rationnalité, que vous êtes proche de l'ado en crise existentielle qui cherche à aimer tout ce qu'il a sous les yeux qui pourrait lui procurer le sentiment d'exister. Au point où vous en êtes vous n'êtes plus seulement parano mais carrément utopiste.

Vous vous forcez à penser que cette histoire aurait pu/dû durer, que c'est une histoire inoubliable. Vous revivez les moments passés ensemble avec plus d'intensité que lorsque vous les avez réellement vécus. Vous comparez la personne qui partage votre vie à cette convoitise déraisonnée et trouvez mille qualités à l'ex adoré(e).

Une ancienne dispute devient une broutille d'enfantillage, une tromperie : un égarement de jeunesse, une maltraitance : c'était votre faute de toute façon vous l'aviez provoqué(e).

En réalité, si cette personne ne partage plus votre vie, c'est parce que vous avez fait un choix. Et probablement le bon. Que vous le regrettiez ou non, quelque chose ou quelqu'un vous a poussé à le faire pour une raison fondée. Si vous vous êtes fait largué(e), je n'ai en réalité plus d'arguments.

Je plaisante. Si vous avez été quitté(e) c'est encore mieux, cela signifie que cette personne était injuste, qu'elle ne vous aimait pas ou avait une raison plus forte que l'amour pour mettre un terme à votre relation (ce qui la classe automatiquement dans la catégorie des mauvaises personnes).

L'être rêvé est bien souvent comme le fameux prince charmant/ou la bonnasse intelligente à gros seins : ils n'existent pas. Ou bien c'est un être qui ne possède pas toutes les qualités pour que vos deux coeurs et corps soient en osmose. A cause de lui votre coeur saigne et n'est absolument pas épanoui, vous avez un regret, une frustration qui dans la plupart des cas ne sera jamais comblée. Est-ce être digne d'amour de faire souffrir un petit coeur d'humain en gélatine toute molle ? Non.

En attendant c'est toujours sympa de se voiler la face.

Et puis finalement, n'éprouveriez-vous pas les symptômes du fantasme ?

L homme ideal

Une histoire de rencard manqué

Par un beau vendredi soir où l'on sentait les prémices d'un week-end riche en débauche, glandouille ou en travail assidû :

Il est arrivé tel un preux chevalier dans sa Citroën marron grisé. Jean repassé, cheveux relevés, faux gentleman prémédité. Elle en dentelle, regard mortel, bottes de rockeuses et mascara outrageux. Il a chaviré sans même un baiser. Et puis quelques mots, bataille d'égos. Complicité feinte, hypocrisie de l'empressement. Calcul, faux romantisme, comme pour coïncider avec cette société de l'urgence où les hommes se consomment, les relations se consument et le mariage se finit par un mot en langage sms, via un texto, un réseau ou une appli version premium pour avoir l'avantage de choisir ce qui ne se choisit pas.

De la tendresse exagérée, ils sont passés à une relation qui perdait peu à peu sa complicité, un peu comme on passe sur Facebook, de marié à fiancé pour en arriver à une relation libre. Se faire passer pour libertin est aussi drôle que les blagues qu'il a sorties ce soir-là. A un moment elle s'est arrêtée de rire, il était en manque de connexion. A son smartphone, à sa smartflamme. Elle lui plaisait, l'instant d'un match-Tinder, d'un switch tactile, ou d'un wizz des années 2000. Mais sans l'option affinités.

Il lui plaisait autant que la dernière mise à jour de son RS préféré, elle aurait préféré que ce rendez-vous soit instantané ou dure 7 secondes, le temps de retirer son doigt pour zapper, faire disparaître l'apparition désagréable d'une image trop imposante, trop impactante et pas assez divertissante.

La prochaine fois il sélectionnera mieux son profil et elle arrêtera d'accepter les rencards d'inconnus. Seulement le problème de ce date, c'est qu'il émanait pour une fois d'un échange spontané, qui avait eu lieu dans la rue.

 

Picto