Billets de ingrid_writings

Une histoire de rencard manqué

Par un beau vendredi soir où l'on sentait les prémices d'un week-end riche en débauche, glandouille ou en travail assidû :

Il est arrivé tel un preux chevalier dans sa Citroën marron grisé. Jean repassé, cheveux relevés, faux gentleman prémédité. Elle en dentelle, regard mortel, bottes de rockeuses et mascara outrageux. Il a chaviré sans même un baiser. Et puis quelques mots, bataille d'égos. Complicité feinte, hypocrisie de l'empressement. Calcul, faux romantisme, comme pour coïncider avec cette société de l'urgence où les hommes se consomment, les relations se consument et le mariage se finit par un mot en langage sms, via un texto, un réseau ou une appli version premium pour avoir l'avantage de choisir ce qui ne se choisit pas.

De la tendresse exagérée, ils sont passés à une relation qui perdait peu à peu sa complicité, un peu comme on passe sur Facebook, de marié à fiancé pour en arriver à une relation libre. Se faire passer pour libertin est aussi drôle que les blagues qu'il a sorties ce soir-là. A un moment elle s'est arrêtée de rire, il était en manque de connexion. A son smartphone, à sa smartflamme. Elle lui plaisait, l'instant d'un match-Tinder, d'un switch tactile, ou d'un wizz des années 2000. Mais sans l'option affinités.

Il lui plaisait autant que la dernière mise à jour de son RS préféré, elle aurait préféré que ce rendez-vous soit instantané ou dure 7 secondes, le temps de retirer son doigt pour zapper, faire disparaître l'apparition désagréable d'une image trop imposante, trop impactante et pas assez divertissante.

La prochaine fois il sélectionnera mieux son profil et elle arrêtera d'accepter les rencards d'inconnus. Seulement le problème de ce date, c'est qu'il émanait pour une fois d'un échange spontané, qui avait eu lieu dans la rue.

 

Picto

Love story intemporelle

Je ne compte plus les soirs où je m’endors en pensant à toi,

Et bien souvent, c’est de toi que je rêve la nuit,

Mais de manière fréquente cela m’arrive le jour aussi.

 

Le matin, tes vapeurs me séduisent et me sortent du lit dans lequel est paisiblement assoupi mon esprit.

Le midi, empressée, je pense subtilement à comment te dévorer.

Le soir, pour sortir du brouillard d’une journée austère, mouvementée ou ennuyeuse,

dans tes bras je cours trouver refuge et motivation, me délectant de ton parfum et de ton aspect si séduisants.

Le matin, il m’arrive d’être hésitante, de te délaisser voire même de te mettre de côté.

Quand sonnent les douze coups de midi, si je suis trop étourdie je ne trouve plus celui qui m’anime tant habituellement, l’appétit.

Le soir, s’il fait trop noir, s’il fait trop nuit, je n’ai pas le courage de m’offrir ta compagnie.

 

Audace, jouissance et émerveillement tu produis en moi,

Menace, dépendance et énervement il t’arrive aussi de susciter par là.

Mais chaque matin, je ne réponds plus de rien,

Et chaque soir je me demande de quoi sera fait le plat du lendemain.

Je voue un culte d’inculte à ce qui brille, ce qui sent bon, ce qui envoûte.

Je méprise ce qui n’est qu’artifice, infamie et manque de saveur.

 

Il n’y a pas de prix pour savourer ce que l’on aime.

Ô nourriture, oui ôde à toi, qu’est-ce que je t’aime.

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