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Quand je serai grande, je serai influenceuse

Influenceurs


On se situe dans l'ère où des gens sont devenus "famous" en se prenant en vidéo avec un vieil appareil qui dépassait même pas 12 mégapixels, quand les go pro étaient encore considérées comme des objets futuristes révolutionnaires et non accessibles aux petits budgets, ou seulement comme cadeau de Noël grâce au chèque de mamie.

Aujourd'hui auto-entrepreneurs, ils font toutes sortes de réal', montages, itv, on pourrait quasi dire qu'ils font de la télé en enregistrant des vidéos IGTV (d'ailleurs ils finissent bien souvent chez Hanouna) à l'aide de leurs iPhone X et d'un stabilisateur. On est sur un concept complètement dingue de personnes qui galéraient un mercredi après-midi, et au lieu de jouer aux Sim's, ont appuyé sur le bouton REC et commencé à déblatérer plein d'inepties, à se maquiller, se déguiser, pousser la chansonnette et à mettre ça sur le net pour faire triper les potos. C'est parti d'un truc anodin et aujourd'hui la génération Z fait plus de 200 000 vues sur Youtube, est suivie par un nombre d'abonnés qui représente bien souvent une (voire plusieurs) ville(s) entière(s).

Je vous signale que ces gens-là écrivent leur biographie (et je parle pas de celle de 140 caractères située en haut de leur profil) à moins de 30 ans (vous avez le droit de rire), publient des livres sans avoir jamais lu Zola, ni connaître leur conjugaison. Ils se baladent aux quatre coins du monde comme d'autres vont au travail, sponsorisés par des marques qui essaient de faire ce pour quoi elles existent : de l'argent.

On se situe donc dans l'ère où l'important n'est ni ce que l'on dit (fond), ni ce que l'on fait (actes), mais où l'on se doit d'être vus et de faire des vues (look my food, my clothes, my flat, my shopping, my friends, my holidays, my bf, my routine, my make up, my mood, my haircut, my brands, my LIFE). En soi, je trouve ça prodigieux, faire de la tune avec du vent : des selfies quotidiens, des stories pour raconter la sortie du jour, montrer son nouveau pyjama Undiz, la photo du Uber avec le petit code promo de -15%, la photo du poke bowl du déjeuner, du cocktail du bar place to be, le partenariat pour te faire gagner un iphone ou un séjour en Corse, avec pose sur le jet-ski ou vidéo bouée tractée.

Pas besoin de réflexion, de culture, de grand discours, pas besoin de trimer, de tuer, de coucher ou de voler et arriver à un genre de sommet (des "influenceurs" ?), c'est assez fascinant on ne va pas se mentir. Mais ce qui est inquiétant c'est qu'on (oui nous, qui regardons ces stories/vidéos, suivons ces comptes, likons et reproduisons) surfe sur la culture du vide, ok peut-être sur un soupçon artistique aussi ? Mais y-a-t-il vraiment du fond, des références, des trucs dont on se rappelera dans 50 ans et qui auront vraiment impacté voire amélioré le monde ?

Je vais aller prendre un selfie pour oublier.

#Justwondering #2020 #WhataCentury #GenerationKylieJenner #Nostalgiedelaprofondeur #Sociétéduvide

 

marketing; digital; generation Z; reseaux sociaux;