Le voyage, ce mal de notre époque

4

 

Génération #TravelLover, je vous annonce que le nouvel eldorado ne se trouve plus via Facebook mais par Skyscanner. On ne rêve plus d'un week-end en Normandie mais d'avoir déjà parcouru les 2/3 de l'Asie. D'ailleurs, si ça vous dit, n'oubliez pas de suivre mes excursions dans mon InstaStory.

Alors que mes grands parents travaillaient à la chaîne pour acheter une maison, aujourd'hui je vendrais père et mère pour acheter un billet d'avion. Ce qui ne serait pas raisonnable puisque les lowcost ont ouvert la voie des billets qui n'ont même plus besoin de promotions.

 

Après trois mois chez Decathlon, si vous cherchez mon copain Thomas, bachelier-plus-cinq-années, allez checker sur le dos des éléphants exploités à Koh Chang ou dans une auberge au sud de la Corée. Quand les parents de son meilleur ami, tout juste retraités, peuvent se payer le voyage de leur vie à Punta Cana, leur petit protégé est déjà passé par les States, Manille, Chom Phon, Shangaï et revient tout juste du Brésil chiller deux mois à Biarritz, avant de partir faire son VIE à Barcelona.

A ce sujet, un petit conseil, si vous signez dans une Business School nec plus ultra, pour la licence vous pourrez choisir entre Mexico ou LA, en M1, peut-être un petit tour à NYC ou California et pour le M2, no problem vous aurez le choix. Well, si vous n'avez pas quitté votre pays avant 18 ans, vous serez bientôt catégorisé absolutely not aventurier je suis au regret de vous l'annoncer. Eh oui, car si vous n'êtes pas encore partis aujourd'hui, vous avez quasi raté votre vie avec cette pression sociale du chéri je n'ai pas raté mon Airbus et autres compagnies.

Indeed, vous remarquerez que j'en profite pour glisser quelques mots d'anglais car j'ai ajouté cette compétence sur mon CV après être partie six mois à Dublin, boire de la Guinness du soir au petit déjeuner.

 

Alors qu'avant il fallait se faire pistonner pour trouver un stage à Paris (ok c'est toujours d'actualité), maintenant si t'as pas fait ton stage à l'étranger, ton expérience ne vaut même pas la peine. Civiweb est devenu le nouveau pôle emploi de la sphère urbaine. Plus besoin des sites de plan Q (je me réfère à la lettre), Tinder et autres applis phares sont remplacées par onsenvol.fr ou comment "s'envoyer en l'air" via Air China avec un jeune diplômé, trop déterminé pour commencer à travailler. Pardonnez-le c'est son Erasmus qui l'a mis sur la voie de la vie d'expat et de la recherche de la liberté.

Si vous faites partie de ma génération, vous vous retrouverez à partir en destination lune de miel avec un boyfriend de moins de 2 ans d'ancienneté, que vous aimerez le temps de 3 randonnées et de 8 thés glacés. Quand ce voyageur aura trouvé la paix intérieure à travers le riz cantonnais, il vous dira hasta la vista pour aller mater les Bouddha les plus perchés des temples chinois. Et puis dans une auberge de paresse vous rencontrerez Catherine aka Kataryna, qui se sera baignée dans un volcan avant de partir au Cambodge avec un sac-à-dos et un allemand, aura fumé des joints au Sziget et s'envolera pour aller cracher dans les chutes du Niagara.

Sachez que nous sommes à une ère où les vieux riches américains (et autres nationalités) ne trouvent plus d'endroit désert où se faire masser (on va dire masser) incognitos par des midinet(te)s thaïlandais(es). Les stations balnéaires sont quasi délaissées pour faire un remake à la Pékin Express de "J'irai dormir chez vous", dans des maisons d'hôtes aussi authentiques que les portes-clés Tour Eiffel vendus 3,50€ au Trocadéro.
 

Mon nouveau rêve : trouver un partenaire de voyage photogénique affublé de son sac à dos The North Face (car n'est pas backpacker qui veut) et de sa go pro, m'acheter un Doflamingo et prendre des photos de nous en bikini à Kho Phi Phi, en Colombie, dans un hamac aux Seychelles ou admirant les lacs de Pennsylvanie. Ensuite, nous vendrons nos corps et nos esprits à des agences de voyages, à des petits shops de massage et des résidences de passage, recherchant la travel égérie des temps modernes. Bronzage toute l'année, ne vous inquiétez pas, je n'aurais jamais le teint terne.

Je posterais des photos de moi, moi, moi et le paysage pendant que vous serez coincés dans le RER B hiver comme été. Je ne connaîtrais pas l'hiver, parce que c'est une saison qui n'est pas universelle. Aucun moyen d'hiberner, pour moi ananas, palmiers et cocos à volonté. Mon Instagram sera mille fois plus vendeur que Club qui déjà ?
 

Une seule question ? Qui n'a pas encore pris une année sabbatique pour partir un an en Australie, se baigner dans le lac le plus rose bonbon du continent et high-fiver des kangourous ?
 

Ne mentez pas.

 

5

voyage; travel; travelgram; traveller; société

Commentaires (16)

En vous remerciant du compliment, la rédaction
  • 1. En vous remerciant du compliment, la rédaction | 30/08/2017
Il paraît que ça porte bonheur. À bon entendeur !

Je rajouterais par ailleurs cette phrase de Victor Hugo que je vous laisserais méditer :

"On est stupéfait de la quantité de critique que peut contenir un imbécile."
merde
  • 2. merde | 30/08/2017
dla merde grosse merde
Lucas
  • 3. Lucas | 21/08/2017
En ce qui me concerne je suis plus le Routard que Lonely Planet. Fallait que je le dise
J'aurais pas dit mieux
  • 4. J'aurais pas dit mieux | 21/08/2017
Ah ouais... C'est totalement ça.
Lise
  • 5. Lise | 21/08/2017
J'aime beaucoup ton style d'écriture. Etant entourée de gens qui voyagent et voyageant moi-même, j'ai totalement retrouvé ce que je vois dans ce que tu décris.
Moi
  • 6. Moi | 20/08/2017
Merci à tous, vos commentaires me touchent beaucoup.
Spécialement celui de ma mère.

Quand j'étais petite je voulais être journaliste et puis ils ont inventé Twitter et les smartphones alors maintenant j'écris des articles sur ce blog.
La rédactrice en chef
  • 7. La rédactrice en chef | 20/08/2017
@David
Vos rêves sont peut-être similaires à ceux d'autres gens. Comme ceux qui rêvent d'être riches et celles qui rêvent d'être minces.
Soit pour la claque mais sachez que je suis contre la violence.

Merci pour ce commentaire, je crois bien que mon esprit a volé en easyJet à vive allure dans les brumes de mon cerveau pour débarquer ce texte.
Je suis contente que l'atterrissage se soit bien passé mais vous recommande d'être toujours paré au décollage, sait-on jamais.
Voilà, voilà.
Lucie
  • 8. Lucie | 20/08/2017
On sent que t'as voyagé !
Moi aussi en lisant ton article ;)
Un admirateur secret
  • 9. Un admirateur secret | 20/08/2017
Épouse-moi
Arthur, backpacker sudiste
  • 10. Arthur, backpacker sudiste | 20/08/2017
Prodigieux.
Lealee
  • 11. Lealee | 20/08/2017
Ready to go with You oversea unlimited,Dream Elixir,Beauty
David
  • 12. David | 20/08/2017
Bonjour,

Votre texte est très parlant de mon état d'esprit. Il me touche et me met un claque en même temps. Si c'est un phénomène de société, est-ce que cela voudrait dire que mes rêves ne sont au final pas les miens ?

J'aime beaucoup votre style d'écriture et vous remercie pour ce moment de lecture agréable. Ce qui me frappe c'est la similarité entre votre texte et les voyages... on ne s'arrête pas, tout le temps a 100 à l'heure ! Sans doute est-ce pour ça qu'il ma autant touché
Claire
  • 13. Claire | 19/08/2017
Un style bien à toi qui est captivant.
On a envie de lire jusqu'à la fin. T'as raison l'humour c'est la clé.
Pierre
  • 14. Pierre | 19/08/2017
G é n i a l
Don't call me blogueuse
  • 15. Don't call me blogueuse | 19/08/2017
@Sacha

Oh merci !

C'est vraiment spontané.
Cependant j'écris comme je pense mais je n'écris pas comme je parle. Et je crois que cela vaut mieux
Sacha
  • 16. Sacha | 19/08/2017
Je suis fan.

Comment arrives-tu à décrire aussi bien et de façon vraiment drôle les phénomènes de société ?

Ajouter un commentaire